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Observatoire des Territoires de la Savoie

Direction départementale des territoires de la Savoie


Espace agricole et agriculture en Savoie


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Sommaire :

Espace agricole : les surfaces en herbe dominent, mais les pâtures collectives régressent
Surface agricole : définitions, précisions et cartographie
Les Indemnités Compensatoires de Handicaps Naturels (ICHN)
Les orientations dominantes sont la production laitière et la viticulture
Plus de 3 exploitations sur 10 ont disparu entre 2000 et 2010
La surface moyenne des exploitations a augmenté de 55% depuis 2000. Ces dernières sont plus grandes et plus spécialisées
L'agriculture savoyarde est tournée vers la qualité (AOC, IGP, agriculture biologique)
Mode de faire valoir et statut des exploitations : la location domine et le nombre de formes sociétaires s'accroît
Le parcellaire savoyard très morcelé, a été assez peu réorganisé
La Savoie, département pionnier en matière de protection des terres agricoles : Zones Agricoles Protégées
Une commission départementale (CDPENAF) pour limiter la régression des espaces agricoles
Des exploitants plus jeunes, mieux formés, moins souvent pluriactifs
Les systèmes pastoraux : une caractéristique des zones de montagne
Les chalets d'alpage : inventaire

L'agriculture couvre en Savoie 192 000 hectares en 2010, soit 31% de la surface totale du département. Inférieur à la moyenne nationale (51%), ce pourcentage est à comparer à la surface occupée par les forêts (31%), les zones naturelles et urbanisées (31%) et les territoires agricoles non utilisés (7%).
L'agriculture entretient à peu près la même surface qu'en 1988, malgré la forte baisse du nombre d'exploitations. Des agriculteurs plus jeunes mieux formés, dirigent des structures plus grandes, plus souvent sous forme sociétaire et plus spécialisées que celles de leurs aînés. Les productions sont souvent identifiées sous signe de qualité. La production laitière, en surface et en valeur, la vigne en valeur, restent les productions phares du département et contribuent fortement à façonner son image.

 Espace agricole : les surfaces en herbe dominent, mais les pâtures collectives régressent

La Savoie est avant tout un territoire de montagne : les surfaces en herbe représentent 86% des surfaces agricoles.
Pour le reste des terres agricoles, les terres labourables (près de 13 200 ha en 2010) sont occupées à 53% par les céréales et 37% par les cultures fourragères.
Après une progression entre 1988 et 2000, puis une stabilité jusqu'en 2005, les surfaces en céréales diminuent en 2010, avec toujours la prédominance du maïs tant en céréale pour le grain qu'en fourrage. Les terres en vignes et vergers occupent 2 400 ha, soit 2%.

* il s'agit de la surface agricole utilisée recensée définie ci-dessous.

  • SURFACE AGRICOLE : QUELQUES DEFINITIONS ET PRECISIONS :


    Par convention, l'ensemble des terres d'une exploitation agricole est compté dans la commune où est situé son siège. La surface agricole utilisée des exploitations -116 380 ha en Savoie en 2010- comprend l'ensemble des cultures et des plantations, les superficies toujours en herbe et les jachères. Pour éviter les doubles comptes, elle exclut les surfaces exploitées collectivement (alpages collectifs) qui sont comptées à part.

    La part en herbe des alpages savoyards s'établit approximativement en 2010 :

    - 41 300 ha exploités privativement par des éleveurs savoyards (seules ces surfaces sont incluses dans la SAU des exploitations savoyardes) ;

    - 36 100 ha exploités collectivement ;

    - 40 000 ha exploités privativement par des éleveurs transhumants (inclus dans la SAU du département siège de leurs exploitations).

    La SAU des exploitations (116 380 ha) est donc très inférieure à la SAU effectivement située en Savoie (192 000 ha).

  • SURFACE AGRICOLE : CARTOGRAPHIE INTERACTIVE


  • ZONE DE MONTAGNE : DES INDEMNITES POUR HANDICAP :


    Les Indemnités Compensatoires de Handicaps Naturels (ICHN) ont pour objet de compenser des handicaps naturels permanents tels que l'altitude, la pente ou un contexte économique et social défavorable. Le département de la Savoie comprend en particulier les zones suivantes :
        Haute montagne (62 % du territoire)
        Montagne (30 % du territoire)
        Piémont (5 % du territoire)

    En savoir plus sur le site du ministère

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     Les orientations dominantes sont la production laitière et la viticulture

    Adaptées aux terroirs locaux, les productions agricoles savoyardes sont très variées : céréales, fruits, maraîchage, lait, viande... Les secteurs dominants sont le lait, le vin et dans une moindre mesure, la viande.

     

    Le système bovins-lait concerne plus d'une exploitation sur quatre et représente plus de 45% du potentiel agricole savoyard. C'est le système majoritaire des zones de montagne: Bauges, Beaufortain, Tarentaise, Vanoise, Haute Maurienne, et de l'Avant-Pays pour partie.
    Un dixième des exploitations est orienté vers la viticulture et engendre 15% du potentiel agricole départemental. Un peu moins de la moitié d'entre elles, génère 90% du potentiel économique de ce secteur.

    Avec seulement 3% du nombre total, les exploitations spécialisées en arboriculture produisent 11% du potentiel agricole. A l'inverse, le poids économique des exploitations tournées vers les systèmes ovins-caprins, avec de nombreuses petites structures, atteint moins de 5% du potentiel économique du département. Il en est de même pour les exploitations en bovins-viande : 4% du potentiel économique pour 11% des exploitations.

  • POTENTIEL ECONOMIQUE AGRICOLE :


    Potentiel (économique) agricole ou dimension économique : il s'agit d'une notion qui permet de comparer des exploitations aux surfaces et productions différentes . On l'obtient en pondérant chaque production par des coefficients appelés "productions brutes standard (PBS)". Calculés par région, ceux-ci résultent de la valorisation des productions agricoles et des charges affectées.

  • Les cantons à potentiel économique le plus élevé sont ceux de la Combe de Savoie : cantons viticoles de Montmélian et de St Pierre d'Albigny, ainsi que les cantons de l'Avant-Pays, des Bauges et du Beaufortain.

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     Plus de 3 exploitations sur 10 ont disparu entre 2000 et 2010

    Au recensement agricole de 2010, la Savoie compte 2 750 exploitations, soit 36% de moins qu'au dernier recensement de 2000. Près de 4% des exploitations disparaissent en moyenne chaque année. Il s'agit surtout de petites exploitations dont deux sur trois ont disparu depuis 1988, le plus souvent du fait de départs à la retraite. Le regroupement sous forme sociétaire accentue le phénomène de baisse du nombre d'exploitations. Les zones les plus touchées sont : les Bauges, la Tarentaise (sauf le canton de Bourg St Maurice) et le canton de Modane. Les zones périurbaines ou sous influence urbaine sont affectées là où l'élevage est l'orientation dominante (cluse de Chambéry, couronne d'Albertville, combe de Savoie pour partie).

    Les plus fortes densités d'exploitations agricoles se rencontrent surtout dans les zones de production diversifiée : plaines et zones viticoles de l'ouest du département. Plus montagneux, avec des systèmes plus extensifs (élevages), l'est du département connaît des densités relativement élevées dans le Beaufortain et le val d'Arly, moyennes en Tarentaise, faibles en Maurienne où le quart des communes compte moins de trois exploitations agricoles.

    La tendance se poursuit depuis 2000. La diminution annuelle de 4% est stable depuis 1988, et un peu plus forte que la tendance rhônalpine.

  • EXPLOITATION AGRICOLE :


    EXPLOITATION AGRICOLE : est définie, en statistique agricole, comme une unité économique de production répondant simultanément aux trois conditions suivantes :
    - elle produit des produits agricoles,
    - elle atteint ou dépasse une certaine dimension : soit un hectare de SAU, soit 20 ares de cultures spécialisées, soit une activité de production suffisante, exprimée en nombre d'animaux, en surface ou en volume de production (par exemple 1 vache, 6 brebis-méres..),
    - elle est soumise à une gestion courante indépendante.

    Trois classes d'exploitations selon la taille économique :
    - les petites exploitations, dont la Production Brute Standard (PBS) est inférieure à 25 000€ (effectif : 1 536)
    - les moyennes exploitations, dont la PBS est comprise entre 25 000 et 100 000€ (effectif : 879)
    - les grandes exploitations, dont la PBS est supérieure à 100 000€ (effectif : 332)

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     La surface moyenne des exploitations a augmenté de 55% depuis 2000. Ces dernières sont plus grandes et plus spécialisées.

    La SAU moyenne s'élève en 2010 à 42 ha (le niveau est inférieur à la moyenne de Rhône–Alpes (47 ha), ainsi qu'à la moyenne française (55 ha) et a presque triplé depuis 1988 (15 ha).

    Tous les systèmes de production sont concernés par l'accroissement de la surface moyenne des exploitations. L'élevage laitier est toutefois plus touché par ce phénomène que les autres : usage privatif plus fréquent des alpages, mais aussi reprise des surfaces des exploitations disparues, nombreuses pour cette activité. Parallèlement, la taille moyenne des troupeaux a triplé depuis 1988 : 34 vaches laitières en 2010 contre 21 en 2000 et 11 en 1988.

    Les systèmes polyculture élevage, polyélevage ou polyculture, disparaissent au profit de systèmes plus spécialisés. Comme l'on peut s'y attendre, les SAU moyennes les plus élevées se rencontrent en montagne (systèmes d'élevages quasiment exclusifs).

    Cette tendance est confirmée globalement par les résultats du Recensement Général Agricole de 2010: les orientations économiques les plus spécialisées renforcent leur importance relative dont l'orientation "maraichage et horticulture" pour laquelle la surface a doublé.

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     L'agriculture savoyarde est très largement tournée vers la qualité (AOP, IGP, agriculture biologique)


    Les agriculteurs savoyards ont su faire des contraintes de leur environnement un atout et privilégié les productions de qualité : près d'une exploitation sur deux produit sous signe officiel de qualité, notamment appellations d'origine protégée et dans une moindre mesure, indications géographiques protégées. Sont concernés en particulier le vin et le fromage. Encore peu répandue, l'agriculture biologique poursuit son développement à l'image des départements voisins (80 exploitations recensées en Savoie).

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     Mode de faire valoir et statut des exploitations : la location domine et le nombre de formes sociétaires s'accroît.

    La part de la surface agricole en location est passée de 70 à 83% entre 2000 et 2010 . En effet, les terres libérées par les cessations d'activité sont reprises essentiellement en fermage. Ce mode de faire-valoir est plus fréquent dans les exploitations laitières, qui utilisent des superficies en herbe importantes. A l'opposé, la propriété est plus répandue dans les exploitations de viticulture et de maraîchage.
    Les formes sociétaires, 480 exploitations au total en 2010, soit 17,5% des exploitations professionnelles, sont dans le département en proportion plus faible qu'au niveau national (31%) et qu'au niveau de Rhône-Alpes (20%). L'ensemble des sociétés détient en 2010, 36 % de la SAU et un tiers de la main d'oeuvre agricole départementale, toutes exploitations confondues et concentre plus d'un tiers du potentiel agricole.
    Près de la moitié d'entre elles sont des GAEC* en 2010, essentiellement des élevages laitiers, dont la SAU moyenne est supérieure à 120 ha.

    MODE DE FAIRE-VALOIR : Les terres constituant la surface agricole utilisée peuvent être la propriété de l'exploitant (faire-valoir direct). S'il s'agit de terres en location, on parle de fermage .

    STATUT DE L'EXPLOITATION : exploitation individuelle : le chef d'exploitation exploite pour son propre compte.

    Exploitation sous forme sociétaire (ou société) : il s'agit le plus souvent de : GAEC (groupement agricole d'exploitation en commun), EARL (exploitation agricole à responsabilité limitée), SCEA (société civile d'exploitation agricole).

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     Le parcellaire savoyard très morcelé, a été assez peu réorganisé

    Pour des raisons historiques et de systèmes d'exploitation liés au relief, le parcellaire des exploitations agricoles savoyardes est très morcelé. Il a fait l'objet dans un assez faible nombre de communes seulement, d'un remembrement ou d'échanges de parcelles permettant une hausse significative de la taille des parcelles et une exploitation plus aisée.

    Dans les zones d'altitude, se sont mises en place des associations foncières pastorales (AFP) : 39 pour environ 35 000 ha, et huit projets de constitution sont en cours. Ailleurs, commencent à se créer des associations foncières agricoles (AFA) : deux créées, dont une autorisée et une en perspective.

    Les deux dispositifs, permettent de mieux gérer l'espace agricole, sans remanier la propriété, l'AFA restructurant le foncier mais les locations restent individuelles. à la différence des associations foncières pastorales.

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      La Savoie, département pionnier en matière de protection des terres agricoles : Zones Agricoles Protégées

    Pour pérenniser la vocation agricole de certains secteurs pour des motifs d' intérêt général en raison de productions de qualité ou de la situation géographique, par exemple en secteur périurbain, on peut définir des zones agricoles protégées (ZAP). La première en France, d'une superficie de 301 hectares a été créée à Drumettaz-Clarafond en 2003.

    Depuis, neuf autres ZAP ont été créées sur les communes de Grésy-Sur-Aix, Saint-Girod, Méry, Bourg-Saint-Maurice, la Ravoire, Saint-Germain-la-Chambotte, Champagny-en-Vanoise, Vimines et Séez, ce qui porte à 2 430 ha l'ensemble des superficies ainsi protégées.
    Voir aussi la rubrique Recommandations.

    Les ZAP de Savoie sont consultables sur la carte des zones agricoles réglementées ou à partir des fiches communales. Voir les chiffres-clés.

    Les ZAP de Savoie sont téléchargeables ici.

    En matière de protection et sur cette même carte des zones agricoles réglementées, sont consultables les Prairies permanentes sensibles.

     

     Une commission départementale (CDPENAF) pour limiter la régression des espaces agricoles

    Les lois sur la modernisation de l'agriculture du 27 juillet 2010 et du 13 octobre 2014 ont institué un observatoire de la consommation des espaces agricoles et, dans chaque département, une commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF - anciennement CDCEA).
    Présidée par le Préfet, elle réunit des représentants des collectivités territoriales, de l'État, de la profession agricole, des propriétaires fonciers, des notaires et des associations agréées de protection de l'environnement.
    Cette commission est saisie de toute question relative à la régression des surfaces agricoles et sur les moyens de contribuer à sa maîtrise. Elle émet notamment un avis sur les documents d’urbanisme au regard de l’objectif de préservation des terres agricoles.
    De son côté, la loi Grenelle II impose que les documents d’urbanisme analysent les consommations d’espaces agricoles, naturels et forestiers et fixent des objectifs de modération de cette consommation.
    La CDPENAF (ex-CDEA) de la Savoie a été installée le 9 juillet 2011, et se réunit avec une fréquence mensuelle.

     Prenez connaissance des comptes-rendus des séances de la CDPENAF.

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     Des exploitants plus jeunes, mieux formés, moins souvent pluriactifs

    La population active agricole de la Savoie compte 5 400 personnes, soit 3,1% de la population active du département - contre 8 600 personnes et 5% en 2000 - Ces éléments sont de même ordre de grandeur au niveau national.

    De 2000 à 2010, on constate un vieillissement des exploitants, les moins de 40 ans sont passés de 24% à 21%. Ceux-ci sont généralement à la tête d'unités plus importantes que la moyenne. La part de ces exploitants plutôt jeunes est la plus forte dans l'Avant Pays, les Bauges, le Beaufortain et en Haute Maurienne.
    62% des exploitants ont aujourd'hui suivi un enseignement général secondaire ou supérieur.

    La pluriactivité est stable depuis 2010 et reste toujours caractéristique de la montagne : plus de la moitié des exploitants du Beaufortain, de Haute Maurienne et pour partie de la moyenne Maurienne et de la Tarentaise sont pluriactifs. Ils partagent le plus souvent leur activité agricole avec le tourisme (stations de ski). La pluriactivité concerne aussi les zones périurbaines et viticoles (versant sud et est des Bauges notamment) mais elle y est en baisse marquée.

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     Les systèmes pastoraux : une caractéristique des zones de montagne

    Les unités et autres zones pastorales sont consultables également sur la carte des zones agricoles réglementées ou à partir des fiches communales.

    Au recensement des unités pastorales Rhône-Alpes de 2012-2014, les 916 unités pastorales savoyardes exploitées couvrent un quart de la surface du département :

    157 000 ha au total - dont 110 000 ha d'herbe. Quatre unités pastorales sur cinq sont des alpages d'altitude. Ceux-ci occupent 95% des surfaces. Les parcours d'intersaison, soit une unité sur cinq et à peine 5% des surfaces, jouent le rôle de terre de transit pour les troupeaux.
    2400 exploitations agricoles utilisent les unités pastorales savoyardes. Un peu plus de 2000 sont originaires du département, les autres, les transhumants, proviennent des départements du sud de Rhône-Alpes ou de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
    Les alpages savoyards accueillent 45% des effectifs inalpés de la région Rhône-Alpes : 32 200 bovins (13 000 vaches laitières, 19 100 génisses et autres bovins), 131 200 ovins, 5 700 caprins.

    Les autres surfaces pastorales (sans fonction spécialisée d’estive) se caractérisent par leur fonction d’intersaison ou d’hivernage (mais qui peuvent également accueillir des animaux l’été, en complément).

    Consultez la méthodologie de l'enquête pastorale de 2012-2014.


    Les alpages font partie intégrante de systèmes d'élevages bovins, ovins ou caprins, qui les utilisent à la belle saison, les troupeaux passant le reste de l'année en bergerie ou étable, avec éventuellement une étape en parcours d'intersaison, dans des zones de pacage d'altitude intermédiaire (surtout pour les ovins et vaches allaitantes).
    Cependant, les systèmes transhumants constituent aussi une composante essentielle de l'utilisation des alpages en Savoie.
    Ces systèmes d'élevage génèrent également des terrains d'hivernage souvent hors du département. Si la surface en alpages a très peu diminué en vingt ans (-4%), en revanche, les effectifs d'animaux ont augmenté. La valorisation sous signe de qualité (AOC, IGP) des productions issues de l'élevage laitier (Beaufort, Reblochon, Tome des Bauges) a favorisé le maintien des troupeaux de vaches laitières en alpages. Le label "Agneau d'alpage" a joué le même rôle pour l'élevage ovin. L'utilisation collective des alpages par des groupements pastoraux tient une place essentielle dans l'organisation de la vie pastorale en Savoie. C'est une tradition qui présente de nombreux avantages :

    - gestion collective du troupeau et des moyens de production ;
    - acquisition en commun de matériel adapté ;
    - embauche de main d'oeuvre partagée ;
    - possibilité pour les éleveurs de se consacrer davantage aux travaux de fenaison sur l'exploitation ;
    - meilleure adéquation entre surface de pâture disponible et taille du troupeau ;
    - possibilité de fabriquer des fromages nécessitant de grandes quantités de lait et qui répond à une nécessité économique et écologique de l'entretien des estives.

    Nombreux en Savoie (80), les groupements pastoraux concernent aussi bien des vaches laitières que des génisses, vaches allaitantes, ovins et caprins, issus de troupeaux locaux comme de troupeaux transhumants et regroupent environ 450 éleveurs sur 55 000 hectares pour :

    - 60 000 ovins,
    - 6 000 vaches laitières,
    - 3 000 génisses,
    - 400 chèvres

    La zone de présence avérée ou potentielle du loup concerne une large part des alpagistes et des effectifs ovins inalpés. Les politiques publiques de soutien au pastoralisme durable ont permis de développer des opérations d'équipement (parcs, accès, chiens de protection,…) et d'améliorer les conditions de vie et d'hébergement dans les alpages ovins utilisés par les éleveurs locaux et transhumants.

    Au delà de leur contribution à l'équilibre économique des systèmes d'exploitations, les alpages savoyards participent à la structuration de l'espace et du paysage, au maintien de la biodiversité et à l'image de la montagne. Ce sont aussi des territoires partagés et parcourus par les randonneurs, les skieurs et les chasseurs, mais aussi susceptibles d'être l'enjeu de conflits d'usage.


     Les chalets d'alpage constituent un élément important du patrimoine architectural. Plusieurs communes souhaitent conserver ce patrimoine, voire le valoriser, en se donnant à travers cet inventaire la connaissance en détail de l'existant. Voir cet inventaire dans la rubrique Etudes du thème Paysages.

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